Untitled Document
LE GUIDE DÉCOUVERTE DES PROTÉINES
Quelle est la meilleure protéine? Si la question vous déroute,
voici un mode d’emploi complet pour choisir les protéines les plus
adaptées à votre plan de prise de muscle. Par Brian Rowley
Quand on cherche à faire du muscle, existe-t-il un cocktail idéal
de protéines à consommer et, si oui, en quoi consiste-t-il? Les
indications figurant sur certains produits sont tellement compliquées
que l’on croirait presque que le choix à faire est une question
de vie ou de mort. Protéines végétales texturées?
Bêta-lactoglobuline? Hydrolysats? Dipeptides et tripeptides? Quelles protéines
alimentaires, quels suppléments protidiques acheter? Fort heureusement,
certains principes de base que nous exposons ici vont vous faciliter grandement
la tâche.
QUALITÉ DES PROTÉINES: ANIMALES OU VÉGÉTALES?
La question des protéines devrait être simple, mais elle en l’est
pas. Néanmoins, bien qu’il y ait près de 140 substances naturelles
qui ressemblent aux acides aminés, seuls 20 d’entre elles sont utilisées
pour la fabrication des tissus chez l’homme, et environ huit sont considérées
comme essentielles pour les adultes. Les aliments qui contiennent un ou plusieurs
de ces acides aminés en faible quantité sont considérés
comme des sources incomplètes de protéines.
Par exemple, les haricots sont généralement pauvres en méthionine,
la gélatine est dépourvue de tryptophane, et les produits céréaliers
comme le pain et le riz ne renferment que peu de lysine. Notre corps ayant besoin
de ces trois acides aminés pour construire ses protéines et les
réparer, les protéines des haricots, de la gélatine et du
pain — si ces aliments sont consommés isolément — n’ont
qu’une utilité limitée, à moins que les acides aminés
qui leur manquent ne soient fournis par d’autres aliments. Autrement dit,
la plupart de ces protéines seront métabolisées dans un
but de synthèse énergétique au lieu de soutenir la masse
musculaire, sauf si les acides aminés déficients peuvent être
apportés par une autre source alimentaire.
Heureusement, la consommation d’une denrée riche en cet acide aminé qui
manque dans la protéine incomplète corrigera le problème
et améliorera nettement la qualité de cette dernière. Ainsi,
le pain et le riz deviennent des sources complètes de protéines
dès qu’une source de lysine (comme les haricots) est ajoutée
au repas; les protéines des haricots deviennent complètes quand
elles sont associées à une source de méthionine (telle que
le riz); quant à la gélatine, il suffit d’un apport de tryptophane
(assuré par du lait, par exemple) pour qu’elle devienne une protéine
complète.
En fait, en réalisant les bons regroupements, on peut satisfaire les besoins
en protéines exclusivement à partir des aliments d’origine
végétale (comme le font les bodybuilders végétaliens
ou végétariens stricts), pourvu que ces aliments soient combinés
de telle sorte qu’aucun acide aminé ne soit exclu. Certaines personnes
pensent que les protéines végétales sont inférieures
aux protéines animales: cette affirmation n’est vraie que si les
premières sont déficientes en un ou plusieurs acides aminés
essentiels. En d’autres termes, les acides aminés d’origine
végétale sont identiques aux acides aminés des protéines
végétales, et le tryptophane reste le tryptophane, quelle que soit
son origine. Tous les acides aminés sont fournis par les plantes et/ou
les bactéries: le bétail trouve ses acides aminés essentiels
dans l’herbe, le fourrage, les céréales (ainsi que dans des
micro-organismes, dans certains cas) et l’homme les ingère quand
il consomme la viande de porc, de bœuf, etc. ainsi que les laitages. Comme
vous le diront les connaisseurs, la qualité des protéines d’un
repas est le reflet des acides aminés qui le composent: ainsi, les protéines
de soja sont aussi complètes que celles de la plupart des variétés
animales (le soja contient tous les acides aminés essentiels en grandes
quantités), et les haricots et le riz constituent des protéines
complètes si on les consomme ensemble. C’est pour cette raison que
les connaisseurs se soucient peu de la source des protéines; par contre,
ils veillent à ce que tous les acides aminés essentiels figurent
dans leur plan alimentaire.
Sauf si l’on est un bodybuilder végétalien ou végétarien
pur et dur, on peut facilement consommer des quantités adéquates
d’acides aminés indispensables dans la mesure où la ration
protéique journalière est de l’ordre d’au moins 1,8
g par kilo de poids de corps, soit environ 160 g pour un athlète de 91
kg. Comme les connaisseurs ne manquent pas de le souligner, les aliments végétaux
sont souvent moins riches en protéines que les produits d’origine
animale: il s’ensuit que les végétariens doivent manger de
plus grandes quantités d’aliments pour élever la valeur protéique
de leurs repas. Malgré tout, la plupart d’entre eux s’assurent
une quantité optimale de protéines en incorporant — dans
leurs plans diététiques — des sources végétales
plus concentrées, comme les haricots (ainsi que les lentilles et les pousses
de soja), des fruits à coques et des petits pois, ou en complétant
chaque jour leur régime par des boissons et/ou des barres protéinées à base
de soja.
D’autres sources alimentaires comme la viande, la volaille et le poisson
sont bonnes aussi, mais il faut veiller à ce qu’elles soient mai-gres.
Malheureusement, 55% à 60% des calories de la viande rouge sont issues
des graisses, majoritairement insaturées: ce désavantage fait de
la viande rouge une des sources protéiques les moins prisées par
les initiés. Des travaux récents indiquent que les graisses saturées
sont davantage susceptibles d’être stockées sous forme de
tissu adipeux que, disons, les acides gras oméga 3 issus de l’huile
de poisson, par exemple. Il convient donc de choisir les morceaux les plus maigres,
comme le bifteck ou la viande de porc, d’éliminer tout gras visible
et de ne pas garder les jus de cuisson.
Si cela peut ressembler à du gaspillage, n’oubliez pas que la viande
rouge maigre peut tout de même compter 40% de calories lipidiques. Les
bodybuilders choisissent le blanc de poulet, le blanc de dinde et le poisson
bien plus souvent que la viande rouge car ces aliments ont très peu de
graisses cachées. Le poulet sans la peau n’apporte que 18% de calories
lipidiques; cette proportion est à peine de 7% pour le blanc de dinde
et certains poissons.
LA SUPPLÉMENTATION
La polémique éternelle autour des protéines prises sous
forme de suppléments est probablement familière à tous nos
lecteurs. Néanmoins, la plupart des variétés vendues aujourd’hui
(boissons, barres et substituts de repas ou SR) sont considérées
comme étant de bonne qualité. Pour être sûr que le
supplément protidique est satisfaisant, il est préférable
d’acheter une marque connue — la qualité se paie. Visez une
consommation d’au moins 1,8 g/jour par kilo de poids de corps.
Pourtant, toutes les protéines ne se valent pas. Pour sélectionner
la meilleure source (ou le meilleur groupe de sources), reportez-vous au tableau
ci-dessous. Les protéines y sont classées en fonction de deux index:
le CEP (coefficient d’efficacité protéique) et le PDCAAS
(score de digestibilité protéique corrigé). Le CEP est fixé — sur
la base d’un gramme — en fonction des capacités d’une
protéine à générer la croissance musculaire chez
des rongeurs, tandis que le PDCAAS indique dans quelle mesure la composition
d’une protéine se rapproche du cocktail “idéal” d’acides
aminés essentiels chez l’homme, toute valeur dépassant 1,00 étant
arrondie au chiffre inférieur:
Comme on le voit, les protéines animales (œufs, lactosérum
et bœuf) l’emportent généralement sur les protéines
végétales (blé), le soja étant une exception notable.
Les œufs, le lait et le poisson apportent les protéines de la plus
haute qualité: viennent ensuite le bœuf, la volaille, le porc et,
en dernier, les protéines végétales.
Comme les fabricants de suppléments utilisent presque exclusivement du
lactosérum (“whey”), des œufs ou du soja comme sources
de protéines, la qualité de leurs produits donne généralement
satisfaction, qu’il s’agisse de poudres ou de substituts de repas.
Toutefois, les produits à base de soja, comme le tofu, contiennent des œstrogènes
(tels que la génistéine), ce qui n’est peut-être pas
un avantage pour les hommes qui font une forte consommation de ces suppléments.
Une certaine quantité de ces isoflavones aux vertus antioxydantes est
excellente autant pour les hommes que pour les femmes, en raison de leur action
contre le cancer de la prostate, le cancer du sein et les maladies cardiaques.
Malgré tout, certaines inquiétudes demeurent quant aux effets de
ces isoflavones sur les taux hormonaux chez les hommes qui utilisent des quantités
excessives de protéines de soja.
Une étude effectuée sur des sujets japonais a montré qu’en
remplaçant complètement la viande (150 g) par le tofu (200 g, mais
même apport global de protéines), le rapport testostérone-œstrogènes
baissait très légèrement. Pourtant, cette quantité de
tofu est phénoménale (elle correspond presque à près
de quatre portions de tofu, soit 90 g de protéines de soja). D’autres études
suggèrent que la consommation de quantités même élevées
(mais plus réalistes) de soja n’a aucun impact sur le taux de testostérone
chez l’homme.
Selon les experts, environ un sixième de la quantité ci-dessus
peut avoir des bienfaits remarquables pour la plupart des hommes, notamment une
chute de 70% de l’incidence du cancer de la prostate: c’est ce qui
ressort d’une étude effectuée sur 225 hommes. Par ailleurs,
aucun des inconvénients cités plus haut n’a été relevé.
Néanmoins, les bodybuilders végétariens qui s’inquiètent
d’un apport exagéré d’œstrogènes partiels
par le biais des poudres de protéines à base de soja peuvent remplacer
celles-ci (en partie ou totalement) par des sources protidiques végétales.
(Par exemple, les haricots et le riz sauvage constituent une protéine
complète). On sait que certains utilisateurs avertis contactent les fabricants
pour savoir si de l’éthanol avait été utilisé dans
l’extraction de la protéine de soja; si tel est le cas, les isoflavones
auront déjà été enlevés.
Les protéines de l’œuf sont excellentes, mais coûteuses,
si bien que celles du lait ou du soja sont plus couramment utilisées dans
les poudres et les barres. En fait, il existe deux catégories principales
de protéines dérivées du lait: la caséine (caséinate
de calcium) et le lactosérum. Choisissez un produit dont l’étiquette
indique qu’il renferme ces deux substances, car elles ont toutes deux leur
avantage. Pour ce qui est de la composition en acides aminés, la caséine
et le lactosérum sont de qualité égale. Par contre, ce dernier
contient plus d’acides aminés ramifiés (BCAA) qui jouent
un rôle majeur dans le maintien de la masse maigre.
La différence la plus importante entre la caséine et le lactosérum
se situe au niveau de la durée de dégradation. La caséine
forme des grumeaux dans l’estomac et elle libère des peptides opioïdes
dans l’intestin: ces deux facteurs ralentissent la digestion et en font
une protéine “lente” ou “à libération
prolongée,” ce qui permet d’épargner le tissu musculaire
pendant la nuit (autrement dit, prendre de la caséine au coucher pourrait
préserver la masse musculaire pendant le jeûne de la nuit). D’un
autre côté, le lactosérum est bon après un entraînement:
il provoque un afflux rapide des acides aminés dans le sang, d’où un
effet anabolisant plus immédiat. Toutefois, cette absorption rapide n’est
pas souhaitable le reste du temps car elle cause une plus grande perte d’acides
aminés qui sont oxydés au lieu d’être utilisés
pour le développement des muscles et leur réparation. Dans une étude,
un groupe de sujets a présenté une augmentation brève de
68% de la synthèse protéique peu après avoir consommé du
lactosérum. Néanmoins, une large proportion des acides aminés
a été oxydée à des fins énergétiques
et on n’a relevé aucune diminution de la dégradation des
protéines. La caséine n’a entraîné qu’une
augmentation modérée de la synthèse des protéines
(31%), mais une quantité moindre d’acides aminés a été mobilisée
pour servir de carburant et la dégradation des protéines du corps
a été réduite de 34%. La capacité de la caséine à assurer
une élévation plus soutenue et donc plus utilisable des acides
aminés en fait une protéine plus valable que le lactosérum
dans certaines situations. Le meilleur compromis est de prendre les deux conjointement
en achetant des produits protéinés qui les associent.
Évitez les barres chocolatées soi-disant “diététiques” et
les milk-shakes: choisissez plutôt un produit proportionnellement riche
en protéines par rapport à son total calorique. Heureusement, comme
les fabricants ont amélioré la composition de leurs suppléments,
le choix est très varié: pour sélectionner les meilleurs,
multipliez le nombre de grammes de protéines par 10 et voyez si ce chiffre
est au moins aussi élevé que le nombre total de calories indiqué sur
l’étiquette. Contrairement à ce que vous avez peut-être
entendu dire, consommer suffisamment de protéines (1,8 g par kilo de poids
de corps) est bien plus important que le type ou la qualité des protéines
consommées. Un facteur souvent négligé dans l’achat
d’une poudre ou d’une boisson protéinée est son goût:
s’il est affreux, vous ne serez guère enclin à utiliser le
produit régulièrement. Des échantillons gratuits sont souvent
disponibles et on peut acheter des sachets individuels d’un certain nombre
de marques bien cotées avant de faire son choix.
Autre considération capitale: le coût. Vu que tout l’intérêt
d’un supplément protéiné est de fournir des protéines,
une bonne règle à suivre est de calculer le coût par gramme
de protéines. Généralement, si une barre ou une boisson
protéinée coûte plus de 1,1 euro par gramme de protéines,
ce produit est trop cher: il vaut mieux chercher un meilleur prix ailleurs ou
acheter en gros. Les céréales du petit déjeuner riches en
protéines constituent une tendance récente de la technologie alimentaire
qui devrait profiter aux grands consommateurs de protéines. Les meilleures
contiennent près de quatre fois plus de protéines que les céréales
du petit déjeuner classiques: 20 g par portion de 150 calories (soit l’équivalent
d’un bol): c’est à peu près la quantité
qu’apporte une mesure de poudre de protéines concentrées.
M&F
Brian Rowley a une licence en diététique et une maîtrise
en physiologie neuromusculaire et en pharmacologie. Il a préparé un
doctorat en biochimie.
LE JARGON DES ÉTIQUETTES
Il n’est pas nécessaire d’être diplômé en
chimie analytique pour choisir des protéines en poudre, mais il est utile
de connaître certains termes si vous êtes un consommateur pointilleux
ou un compétiteur motivé. En général, les connaisseurs
qui prennent de la whey protéine choisissent les isolats ou les concentrats
obtenus par microfiltration en flux croisés ou par ultrafiltration plutôt
que de la whey traitée par échange ionique. Ainsi, ils profitent
de la plus large gamme de protéines du lactosérum (dont la lactoferrine,
les glycomacropeptides, les immunoglobulines et la lactalbumine, éléments
qui sont censés être particulièrement bénéfiques) à condition
que le lactosérum n’ait subi, au préalable, aucun traitement
acide. Pour savoir si la whey protéine que vous achetez a été traitée
par acidification, informez-vous auprès du fabricant ou bien préférez
une marque plus connue et plus fiable. Vous pouvez également obtenir certaines
des fractions de protéines mentionnées plus haut en prenant un
supplément appelé colostrum (premier lait produit par la vache,
juste après la mise bas), qui renferme de nombreuses protéines
du lait, plus difficiles à se procurer. Si vous êtes vraiment ambitieux
et que le goût ne vous incommode pas, vous pouvez essayer les hydrolysats.
Ces protéines prédigérées sont riches en di- et tripeptides,
sortes de mini-protéines qui sont bien mieux assimilées. Si vous
trouvez ces hydrolysats, sachez que des études sur l’homme et l’animal
ont montré qu’ils sont plus efficaces pour construire du muscle
que des protéines ordinaires ou des acides aminés sous forme libre.
Le problème est que la plupart des produits ne renferment pas assez d’hydrolysats
pour être véritablement efficaces. Vérifiez auprès
d’un fabricant réputé qu’au moins 20% des protéines
sont des hydrolysats. La seule poudre de protéines à 100% d’hydrolysats
est la Proto Whey, avec la bagatelle de 55% de di- et de tripeptides. Chose étonnante,
le goût est tout à fait acceptable.
|
|