|
MÛR À POINT
Untitled Document
Mûr à point
PAR JIM STOPPANI
Peut-on manger des fruits et rester découpé? Les experts de M&F
dissèquent ce problème nutritionnel.
Si Ève vivait encore et croquait la pomme dans le Jardin d’Eden,
nombreux seraient les bodybuilders à rouler les yeux et à secouer
la tête de désarroi. Ce ne serait pas à cause de la damnation à laquelle
ils sont condamnés à cause des insuffisances inhérentes à leur
nature humaine, mais parce qu’on nous rabâche depuis des années
que les fruits sont incompatibles avec nos efforts permanents pour combattre
la graisse corporelle. Pauvre Ève, penserions-nous, c’en est fini
de sa silhouette!
Beaucoup d’adeptes de la musculation seraient étonnés d’apprendre
que la mauvaise réputation des fruits est, en fait, erronée. En
vérité, les fruits ne sont pas un péché à condition
de les choisir judicieusement et de les consommer à des moments stratégiques
de la journée. Voici ce qu’il faut savoir sur ce groupe d’aliments
abondamment décrié.
CHOC GLUCIDIQUE
Dans le cadre d’un régime pour la prise de masse pauvre en lipides,
l’adjonction de fruits apparaît comme une arme à double tranchant.
Des fruits comme les myrtilles, les fraises, le melon et les bananes, entre autres,
fournissent des phytosubstances très précieuses et bénéfiques
pour la santé.
Cependant, certains pratiquants s’inquiètent de la teneur des fruits
en fructose. Le fructose est l’élément qui donne aux fruits
leur goût sucré, mais c’est un type de glucides que les muscles
sont incapables d’utiliser directement à des fins énergétiques:
seul le foie peut le transformer en glycogène, forme de stockage des glucides.
Le fructose pose un problème à partir du moment où les réserves
de glycogène hépatique atteignent leur niveau maximum: c’est
alors que ce sucre se transforme en graisse. Comme personne ne possède
de jauge indiquant la teneur du glycogène hépatique, beaucoup de
bodybuilders s’interdisent, purement et simplement, toute consommation
de fruits.
Inutile pourtant d’en venir à de telles extrémités.
On peut au contraire inclure des fruits dans son régime à condition
de suivre les trois règles détaillées ici.
UNE ASSURANCE SUPPLÉMENTS
Ajoutons enfin que l’on peut accompagner les fruits d’un supplément
de citrate, comme le citrate de créatine ou le citrate de calcium, si
l’on redoute qu’un excès de fructose ne se transforme en graisse
corporelle. Cela permet au fructose de servir uniquement à renflouer les
stocks de glycogène et l’empêche de s’accumuler sous
forme de tissu adipeux.
Avec ces conseils en tête, on peut rayer les fruits de la liste des “péchés” et
commencer à utiliser cet aliment de valeur, bourré de nutriments,
afin de fournir de l’énergie pour les entraînements et de
booster la croissance musculaire.
1) REPAS DU MATIN
>>
LE MEILLEUR MOMENT POUR CONSOMMER DES FRUITS se situe immédiatement au
réveil. Pendant le sommeil, on se trouve tout bonnement en état
de jeûne (car, bien sûr, on ne mange pas quand on dort). Au cours
de la nuit, le foie vide son stock de glycogène afin d’assurer un
apport continu de glucose au cerveau. Quand le taux de glycogène hépatique
finit par baisser en raison de cette activité, un signal est envoyé au
cerveau, lui demandant de commencer à transformer les protéines
musculaires en acides aminés; ceux-ci sont alors convertis en glucose
pour alimenter le cerveau. C’est ainsi que lorsqu’on se réveille
le matin, on est malheureusement devenu une machine à brûler les
muscles.
Afin de combattre cet environnement catabolique, on consommera 2 à 3 fruits
le matin. Choisissez dans la liste ci-dessous: ces fruits contiennent autant
de fructose que de glucose, ce qui permet de reconstituer les réserves
de glycogène hépatique et musculaire. À ce moment de la
journée, comme la transformation du fructose en graisse n’est pas à craindre,
on mangera donc des fruits à volonté: le fructose sera utilisé pour
restaurer le taux de glycogène hépatique et indiquer au corps qu’il
doit cesser de brûler des protéines musculaires.
On veillera également à absorber des protéines à action
rapide, comme des isolats de whey, de manière à faire remonter
le taux d’acides aminés des muscles et à empêcher la
poursuite de la fonte musculaire. Pour obtenir un shake parfait destiné à stopper
la perte musculaire et démarrer la journée du bon pied, on mélangera
au mixer de la whey protéine avec deux bananes et de l’eau.
2) DU CARBURANT POUR L’ENTRAÎNEMENT
>>
UN AUTRE MOMENT PROPICE À LA CONSOMMATION DE FRUITS se situe environ 30-60
minutes avant la séance, surtout si l’on a consommé peu de
glucides au cours des heures qui précédent. Le fructose sert à reconstituer
le glycogène hépatique brûlé pendant la journée:
celui-ci est ensuite utilisé afin d’alimenter en glucose les muscles
sollicités au cours de l’entraînement et d’épargner
le glycogène stocké dans les cellules musculaires. On évite
ainsi la fatigue musculaire qui, en général, se fait durement sentir
dès que le taux de glycogène commence à s’effondrer.
Comme bénéfice supplémentaire, signalons que la recherche
démontre que, contrairement au glucose, le fructose n’interrompt
pas la combustion des graisses au cours de l’entraînement, ce qui
incitera ceux qui cherchent avant tout à se débarrasser de la graisse à consommer
des fruits avant leur séance de cardio. Nous recommandons souvent de n’absorber
aucun glucide, et un peu seulement de whey protéine et d’acides
aminés avant la séance afin d’éliminer le maximum
de graisse au cours du cardio. Néanmoins, la consommation de quelques
fruits sera utile pour ceux qui ne se sentent pas assez pleins d’énergie
pour attaquer leur entraînement s’ils se sont contentés d’eau
ou de protéines pures. Celles et ceux qui sont à la recherche d’une
bonne source d’énergie avant l’entraînement envisageront
de consommer 1 à 2 fruits choisis dans la liste ci-dessous, en plus de
la whey protéine.
3) RENFLOUER L’ÉNERGIE
>>
APRÈS L’ENTRAÎNEMENT, il n’est pas mauvais de consommer
quelques fruits afin de faire remonter le taux de glycogène hépatique
et musculaire. N’oubliez pas que deux fruits n’apportent que 20 à 30
grammes de glucides, ce qui est excellent pour ceux qui cherchent à maigrir.
Si vous désirez optimiser votre croissance musculaire, il faudra viser
40 à 100 grammes de glucides post-entraînement, soit sous forme
de pain blanc, de pommes de terre, de riz ou de flocons d’avoine, soit
en consommant de la whey protéine contenant au moins 20 grammes de glucides.
Nous recommandons souvent les glucides à indice glycémique élevé (ceux
qui élèvent la glycémie le plus rapidement) après
un entraînement, afin de faire remonter le taux d’insuline. Cependant,
la recherche a maintenant prouvé que ce n’est pas tant la vitesse
de digestion d’un glucide qui importe que la quantité totale absorbée.
Ceci se vérifie tout particulièrement lorsque l’on consomme
des protéines avec ces glucides: les protéines associées
aux sucres provoquent une plus forte sécrétion d’insuline
que les sucres seuls, quelle qu’en soit la quantité (à index
glycémique élevé ou non). C’est pourquoi il sera sans
doute plus judicieux d’inclure les fruits dans le régime en suivant
les conseils prodigués dans cet article que se laisser guider uniquement
par l’index glycémique.
Les fruits ci-dessous sont bons à consommer après l’entraînement — ils
apportent plus de fructose que de glucose afin de reconstituer les réserves
de glycogène et booster la croissance musculaire. Consommez 1 à 2
fruits en association avec d’autres glucides, par exemple une boisson de
l’effort ou l’un des aliments cités plus haut, ainsi que de
la whey protéine. On peut également choisir avantageusement parmi
les pommes, le melon cantaloup et les fraises, qui contiennent autant de fructose
que de glucose. M&F
|
 |
|
|