|
LA BONNE PRISE
Untitled Document
la bonne prise
La largeur de la prise et le type de poignées utilisées pourraient
faire toute la différence dans vos séances de musculation Par Eric
Butterman
Plus que les douleurs et les agendas de plus en plus chargés, l’ennui
et l’absence de résultats sont nos plus grands ennemis quand il
s’agit d’aller à la salle: en réalité, ces deux éléments
n’en font qu’un et, souvent, on ne le réalise pas. Notre corps
a besoin d’être constamment stimulé en diversifiant les modules
d’entraînement et cela ne veut pas dire se contenter de faire les
mêmes exercices, mais dans un ordre différent! En ajustant la prise
et en utilisant différents accessoires, on sollicite les muscles d’une
autre manière, ce qui donne envie d’en faire encore plus.
SURVEILLEZ VOS MAINS
Alors que certains individus ont la chance d’avoir des muscles naturellement
bien proportionnés, la plupart des pratiquants ont des “zones à problèmes.” Que
ce soit une poitrine étriquée ou des triceps mal définis,
ce genre de défaut vous empêche peut-être d’obtenir
le physique parfait auquel vous aspirez. Il se pourrait pourtant que ce soit
la façon dont vous tenez la barre qui freine vos progrès.
Commençons par la poitrine maigrichonne: Richard Baldwin, deux fois champion
NPC en poids moyens, déclare qu’en éloignant chaque main
de 13 cm de plus à la barre au développé couché,
on élargit la cage thoracique et on augmente donc la zone à muscler. “J’aime
bien adopter une prise large avec les coudes sortis,” explique-t-il. “Si,
dans la position de départ, les bras sont parallèles à la
barre, les pectoraux sont plus fortement sollicités au cours de l’exercice.”
Il recommande 3 séries de 8-10 reps, mais il ajoute que cette prise très
large ne doit pas remplacer la prise normale au développé couché. “C’est
là un problème chez beaucoup de gens,” précise-t-il. “Ils
découvrent une certaine façon de faire un exercice et ne changent
jamais. Il faut garder une variante ‘fun’ pour les jours où on
a moins envie de faire tel ou tel exercice: on s’aperçoit alors
que ça se passe beaucoup mieux. Il semblerait que les gens pensent qu’un
programme de musculation doit être obligatoirement monotone.”
À
présent, comment procéder pour avoir des triceps géniaux?
Inutile de vous mettre debout! Restez en position de développé couché,
mais rapprochez les mains tout en veillant à ce que la prise demeure confortable. “Pour
moi, le développé couché prise serrée est l’exercice
qui me permet de gagner le plus de masse au niveau des triceps,” déclare
Baldwin. “En fait, mes mains sont tellement rapprochées que les
phalanges des deux index se touchent presque. Par contre, en procédant
ainsi, on contrôle moins bien la barre. Il faut moduler l’écartement
des mains en fonction de l’équilibre de la charge pendant le mouvement.”
Une prise large peut également être utile pour les dorsaux. Casey
Viator, ancien bodybuilder et auteur de Casey Viator’s Total Fitness, explique
que la prise large lui permet d’étirer ses dorsaux au maximum et
de faire également intervenir les trapèzes. Si vous faites trois
séries de 8-10 reps de cette façon dans votre module pour le dos,
la définition musculaire devrait suivre. Cela dit, Dave Draper, ancien
M. Univers, rappelle qu’il faut observer une certaine modération:
si l’on adopte des prises serrées et des prises larges (notamment
au curl avec la barre), on obtiendra sans doute des muscles denses. Toutefois,
si l’on abuse de ces variantes, on risque aussi une tendinite. “Si
la partie la plus charnue du biceps se trouve au milieu du bras, c’est
qu’il y a une raison,” souligne Draper. “Il faut donc que les
prises larges ou serrées soient l’exception et non pas la règle.”
Parfois, ce n’est pas seulement la distance entre les mains qui compte,
mais aussi la nature de la prise elle-même. Viator jure par la “fausse
prise” au développé couché lourd. En gardant les pouces
au-dessus de la barre au lieu de les passer sous la barre, Viator explique qu’on
n’étire pas les fléchisseurs des doigts: il indique que cela
lui donne plus de force pour le mouvement et qu’il peut donc prendre un
peu plus lourd. Par contre, on a là aussi un exemple où il est
bon de veiller à l’équilibre de la charge. Ancien recordman
du monde du développé couché, Eddie Robinson prévient
que si l’on n’est pas à l’aise avec cette prise, on
risque de laisser échapper la barre. “Je vois bien quels sont les
avantages de cette prise,” affirme-t-il, “à condition toutefois
d’avoir un partenaire d’entraînement prêt à intervenir!”
DANS LES CORDES
Si vous n’utilisez qu’une barre droite, vous vous privez d’un
très grand nombre d’exercices qui constitueraient autant de stimuli
nouveaux pour le développement musculaire. Commençons par la corde
de tirage fixée à l’extrémité du câble
d’une poulie haute. L’extension pour les triceps est, de loin, l’exercice
le plus populaire où l’on a recours à cet accessoire. Les
pieds écartés de la largeur des épaules, tenez les extrémités
de la corde, puis tendez lentement les bras vers le bas et finissez par une puissante
contraction des triceps. Vous ne pourrez utiliser qu’une charge nettement
inférieure à celle que vous pouvez prendre avec la barre, mais
c’est une bonne chose, souligne Viator. “L’erreur la plus grave
que l’on commet dans le travail des triceps est de prendre trop lourd au
détriment de la technique,” précise-t-il. “Avec la
corde, comme la prise est difficile à tenir, on ne peut pas faire de mouvements
trichés.”
Un autre exercice est le crunch avec la corde. Agenouillez-vous à quelques
mètres de l’appareil, placez la corde près de votre tête
et fléchissez le buste vers l’avant en contractant les abdos. Effectuez
chaque rep lentement et utilisez exclusivement les abdominaux pour déplacer
le buste. Viator préconise quatre séries de 25 à 30 reps. “L’intérêt
principal de cet exercice est qu’il active le grand dentelé ainsi
que les abdos,” fait remarquer Viator, “mais uniquement si l’on
procède assez lentement pour sentir l’étirement.”
L’autre type d’accessoire est le triangle de tirage et le premier
exercice qui vient à l’esprit est le tirage horizontal. “Comme
les triangles de tirage existent en différentes dimensions, il faut trouver
celui qui est le plus large afin de pouvoir reculer les coudes davantage,” déclare
Baldwin. “Contractez bien les muscles du dos à la fin du mouvement
et essayez de limiter la course de la charge. Il s’agit en effet d’un
exercice pour le dos et pas simplement d’un test destiné à évaluer
la puissance du tirage.” Les triangles de tirage sont également
précieux pour exercer la partie interne du haut des dorsaux: on fixe alors
au câble la poignée utilisée pour le tirage vertical. Baldwin
signale que 8 à 10 reps effectuées à une cadence modérée
devraient permettre d’obtenir les meilleurs résultats. Baldwin aime
bien faire également des tractions à la barre fixe avec le triangle
de tirage pour changer de la barre fixe: par contre on n’essaiera cette
variante qu’une fois que l’on sera capable de réaliser 8 à 10
tractions normales à la barre fixe.
Enfin, il est temps d’examiner les exercices aux poulies. Les écartés
aux poulies vis-à-vis sont un mouvement idéal pour faire ressortir
les stries de pectoraux trop lisses. D’après Robinson, l’erreur
la plus courante dans cet exercice est de prendre trop lourd, d’aller trop
vite et de ne pas croiser les mains en fin de course. Choisissez une charge qui
vous permette d’effectuer quatre bonnes séries de 10 à 15
reps. “Avec un travail en super lent, on sent bien l’étirement
complet des muscles et leur contraction,” explique-t-il. “N’arrêtez
pas de tirer dès que vos phalanges se touchent. Il faut, au contraire,
bien croiser les mains à la fin du mouvement.”
Robinson fait également remarquer que la plupart des pratiquants ne font,
en réalité, qu’un tiers des différents écartés
aux poulies. “Je ne comprends pas pourquoi ils font du développé couché décliné,
incliné et à plat, mais qu’ils se limitent à un seul
angle aux poulies vis-à-vis.”
Baldwin aime bien aussi les poulies pour travailler la longue portion du biceps
et l’avant-bras avec le curl en prise marteau à la poulie basse,
sa main étant à moitié en pronation pendant tout l’exercice. “Si
l’on effectue trois séries de 6 à 8 reps, la brûlure
devrait être intense,” déclare-t-il.
Les poulies constituent aussi une très bonne alternative pour travailler
les épaules. “Beaucoup de gens trouvent que les élévations
latérales et l’oiseau sont des exercices ennuyeux,” ajoute-t-il, “mais
si on les fait à la poulie [avec une poignée de tirage], on introduit
un élément de nouveauté. Trois séries de 7 à 9
reps de ces exercices donnent un aspect plus dense à mes deltoïdes.”
AU TOUR DES JAMBES
Tout comme nous avons examiné les divers effets que l’on obtient
en modifiant l’écartement des mains et la nature de la prise, nous
aurions tort de ne pas faire les mêmes observations pour les pieds. Retenez
donc que la distance adoptée entre les pieds au squat peut faire toute
la différence entre des jambes moyennes et des jambes au développement
complet. Avec une posture large, on mobilise la partie interne de la cuisse (fréquemment
sous-développée), tandis qu’en ramenant les pieds vers l’intérieur,
on accentue le galbe externe de la cuisse.
La direction des pieds a aussi son importance. “Si les pieds sont tournés
vers l’extérieur, on insiste davantage sur le vaste interne du quadriceps,” déclare
Rich Gaspari, ancien vice-champion à Olympia, aujourd’hui spécialisé dans
la fabrication de compléments nutritionnels pour sportifs. Il fait également
remarquer qu’un développement insuffisant des mollets va de pair
avec un mauvais positionnement des pieds. “Beaucoup de pratiquants ont
des mollets qui paraissent plats,” précise-t-il. “Pour bien
galber ces muscles, il faut varier la position des pieds: en rotation interne,
en rotation externe et dans l’axe” explique-t-il. Il ajoute: “Il
est étonnant que tant d’exercices soient occultés parce que
ces petites modifications sont délaissées.” M&F
On peut accéder aux sites web de tous ces bodybuilders en composant leur
nom et leur prénom suivis de com. La seule exception est Richard Baldwin
que l’on peut contacter à Legendaryfitness.com.
|
|
|
|